The Gun Club – Le punk c’est bien, avec du blues dedans, c’est mieux !
*Une nuit sombre.
Dans la froideur picarde, une lumière luit telle un phare dans les rues de briques rouges; passant par une fenêtre en PVC détonant atrocement dans la façade de style fin René Coty-début Charles de Gaulle du bâtiment d’où elle émane.
A l’intérieur, dans une pièce surchauffée, de lourdes effluves de mauvais café rendent l’air difficilement respirable.
Sur un bureau, d’énormes piles de feuilles couvertes de tableaux laids et de textes abscons se mêlent aux gobelets usagers, seuls témoins des drames qui ont émaillés les dernières heures.
Soudain, une forme indistincte et barbue s’élève et s’extraie du chaos de papiers et de plastique souillés. Ses yeux rougis trahissent sa lassitude et son besoin urgent de nouvelles sources d’énergie. La caféine n’étant plus efficace depuis déjà plusieurs heures.
De ses lèvres, pâles et craquelées, s’échappent quelques paroles indistinctes, dans un râle.*
…Put*** de boulot… Musique….Punk blues… Gun Club…
Les bruits de quelques clics résonnent dans le bureau silencieux. Quelques instants plus tard, une mélodie débute enfin.
The gun club… groupe californien, créé en 1979, Punk rock mâtiné de blues, Rockabilly ou même parfois de country. Encore un groupe atypique, mené par l’excellent Jeffrey Lee Pierce, mort trop tôt un triste jour de 1996…
Une influence pour nombre d’artiste… R.E.M, The White Stripes, The pixies, Noir Désir…
Dans l’air pesant, le barbu se redresse et s’étire. Un rictus, maigre tentative de sourire, se dessine sur son visage. Il tourne à peine la tête lorsque retentit le son caractéristique signalant l’arrivée d’un nouveau mail.
Son regard se pose un instant sur l’horloge.
00H30.
"Y en a vraiment qu’ont pas de vie" songea-t-il un moment avant de finalement se décider à ignorer la missive numérique jusqu’au matin, pour rejoindre enfin ses pénates.
Clochette, surcafeiné.




Bel article!