A pour Archive
Comme promis dans l’introduction à l’abécédaire du Trip-hop entamé la semaine dernière, me voilà lancé dans un tour d’horizon du genre le plus insaisissable qui fut avant l’intronisation de l’Electronica, si tant est que l’on puisse considérer l’électro comme un genre. Une lettre, un artiste. Peut-être deux si les circonstances l’exigent. Et puis puisque une certaine logique apparaît être nécessaire lorsqu’on s’attaque à un travail de classification, pourquoi ne pas commencer avec la lettre A? A pour Archive.
Archive reste indissociable du mouvement trip-hop pour deux raisons. D’une part car la création du groupe a coïncidé à peu de choses près avec la naissance du genre qui a vu le jour au début des années 1990 à Bristol. Formé en 1996, le premier album du groupe, Londinium, a définitivement acquis le statut d’oeuvre incontournable et s’inscrit directement dans la filiation de Massive Attack. D’autre part, le polymorphisme du groupe illustre parfaitement le trip-hop, affichant un style et adoptant un code qui mutent d’album en album et se trouvent être finalement assez insaisissables. N’en déplaise aux adeptes des petites cases et des sous-sous-genres. Le premier album s’accrochait aux codes définis par Massive Attack, un trip-hop sombre et lourd, entêtant et underground, à cheval entre électro et hip-hop. Trois ans plus tard, avec Take My Head, Archive s’envole dans les sphères pour nous livrer un trip-hop plus aérien et teinté de pop avant d’enchaîner sur des albums plus proches d’un rock progressif voire psychédélique. Pourtant quelques parenthèses comme l’enregistrement de la BO de Michel Vaillant (de Luc Besson) en 2003 ou le titre "Lights" ne manquent pas de nous rappeler les racines du groupe et son profond ancrage dans la sphère trip-hop.
Certains avancent une filiation entre Archive et Pink Floyd. Faut pas déconner. Mais cependant, si on ne devait juger que l’ambiance, ou "l’âme" de la discographie d’Archive, le rapprochement ne manquerait pas de pertinence : aérien, psychédélique, lourd et sombre parfois. Le morceau "Lights" en particulier – véritable chef-d’oeuvre dit en passant – rappelle tout particulièrement ces odes pink floydiennes à n’en plus finir qui nous emportent loin, très loin. La comparaison s’arrête là. Si cet article aura présenté le groupe comme un classique, ne croyez cependant pas qu’il appartienne désormais aux vieilles armoises poussiéreuses et aux versions vinyles collector. Formé autour de Darius Keeler et David Griffiths, le groupe s’est purgé à de nombreuses reprises pour muter et continue son chemin discrètement. Un nouvel album est d’ailleurs prévu pour le mois de septembre, promettant une tonalité beaucoup plus rock voire industrielle qui risque de décevoir les fans des premières heures. Mais ne vendons pas la peau de l’ours, et allez plutôt visiter leur site officiel.




Chers Inkapables,
comment des passionnés de musiques et de clips comme vous peuvent passer à côté d’un chef d’oeuvre (clip et musique) tel que "Again"… ?
Si dans la discographie d’Archive il ne fallait retenir qu’un seul morceau, ce serait celui-ci… Permettez-moi donc de corriger cette grossière erreur
http://www.dailymotion.com/video/xyl0c_archive-noise-bonus-dvd-01-again_music
Quant à l’affiliation d’Archive à Pink Floyd, elle prendrait tout son sens à l’écoute de ce morceau d’anthologie.
Bon, allez, je ne vous en veux pas (mais quand même un peu) pour cette fois-ci ! Bonne continuation !
DEMISSION Philippe !
Bin ni le clip ni la musique ne m’ont transcendé à la vérité :/
En revanche j’admet que le morceau met parfaitement à jour la supposée filiation Pink Floyd ^^