Aller au contenu

L’abécédaire du Trip Hop

Trip-hop.net-compil2010-frontcover

Encore un? Bin ouais. J’ai un peu hésité avant de me lancer dans ce projet mais bon. On a jamais assez de travail n’est-ce pas? Non je n’ai pas voté Sarko, et nous n’allons certainement pas parler politique en ce jour sombre. Parlons musique, parlons trip-hop. Vous avez probablement entendu ce mot auparavant. Personnellement, il me semblait naturel et parfaitement logique. L’icône des années 2000. Et puis on m’a demandé de définir, et je me suis trouvé bien en rade. D’une parce que la définition est compliquée et un peu évanescente, de deux parce que le genre n’a pas de réelle identité, de code défini qui permette de coller des étiquettes sur les artistes et les morceaux. Le trip-hop est un genre hybride et hybridé, en perpétuelle évolution, ramifié, multiple, évanescent et protéiforme. En gros, c’est un beau bordel, un sacré fourre-tout. Et puis comme me l’a fait remarqué Cendar, c’est passé de mode. Il y a encore peu, quelques années tout au plus, tous les hipsters ne juraient que par Bonobo et autres Chinese Man ou RJD2. L’électro a aujourd’hui effacé le trip-hop des playlists, à mon grand désarroi. C’est donc le moment idéal pour archiver ce mouvement tout en le faisant revivre à travers ses célèbres et talentueux représentants.

On en arrive à l’étape difficile… la définition. Oh et puis fuck. On dit merci Wikipédia. "Le trip hop est un genre musical né au début des années 1990, dans la région de Bristol. Ce genre est difficile à définir puisque sa définition varie selon les pays. Ce genre musical a pour base une rythmique hip-hop, sur laquelle viennent se greffer toutes sortes d’influences, jazz, blues, musique électronique,musique de film, soul, rock, dub, etc. Il s’est ainsi beaucoup enrichi et il se décompose maintenant en de nombreux sous-genres (acid-jazz, downtempo, electro-dub, electro-jazz, electro-libre, …). L’éclectisme est de mise." Pour faire simple, on a des groupes britanniques qui se mettent à toucher des synthés et se sentent inspirés par les sons qui en émergent, qui drainent la rythmique hip-hop qui se répand à travers le monde depuis Brooklyn, qui sont toujours imprégnés de la scène punk garage et pop, et qui ne renient pas les racines culturelles que sont le jazz ou le rock. En fait, vous êtes en présence d’une hybridation parfaite entre tous les genres des années 90. Difficiles de discerner les premiers représentants du genre du fait de la relative proximité entre l’acid jazz et le trip hop. On a trop souvent collé l’étiquette trip hop à tous les artistes qu’on ne savait où ranger. Disons que le trio Tricky, Portishead et Massive Attack a constitué la triade des racines, le socle du mouvement.

Genre initialement ultra-underground et très britannique, il faudra près de 10 ans pour le voir évoluer, se diversifier et surtout s’exporter. Et n’allez pas croire que ce n’est plus underground, ça l’est juste moins. Où cela nous mène-t-il? Je pourrais vous lister les sous-genres et influences, mais je déteste ce genre d’étiquettes. Parlons plutôt d’émotions et d’impressions. Nous avons maintenant trois grand courants au sein du trip hop. Celui proche des racines, d’une électro un peu house, sombre et lourde, portée par des artistes comme Massive Attack, Ezechiel, Archive ou Tricky. Le genre qui vous fait immédiatement visualiser une scène de Human Traffic et de tous ces jeunes British loosers ruinant leur économie et leur vie dans des clubs sordides. Ensuite on se dirige (et je suis là également la chronologie) vers un trip hop plus proche de la pop, une sorte de dream-pop hybride entre une rythmique prononcée, des voix éthérées et des airs mélancoliques. Certainement la plus connue du grand public, cette influence est portée par des Portishead, Morcheeba et autres Hooverphonic. Leurs compositions ont d’ailleurs inondé les publicités des années 2000. Enfin, une influence plus fourre-tout, qu’on rapproche généralement du "down-tempo". On ralenti le tempo, rend les basses et rythmiques un peu plus discrètes, pose des mélodies plus calmes. On est dans la recherche d’une atmosphère, d’une ambiance, d’une mélodie originale, du métissage de plusieurs influences. Véritable carrefour et nid de créativité, ce courant est très certainement le plus intéressant et prolifique. De nombreux DJ en viendront d’ailleurs à accélérer le rythme, le rendre plus vivant et faisant encore évoluer le genre. Mais si je continue je vous perd. Rappelez-vous seulement RJD2, Bonobo ou encore Chinese Man.

Nous y voilà. Lettre par lettre, artiste par artiste, je vous propose une plongée régulière dans l’univers du trip hop. Si mon article ne vous a pas encore convaincu, je vous en prie, écoutez cette playlist et vous reviendrez certainement sur votre avis. Un avant-goût de cet univers, un panorama des noms célèbres, une petite heure de bonheur.

C’est parti.

4 Commentaires Poster un commentaire
  1. gemodod #

    On peut aussi rajouter Waldeck à la liste, et son excellent album Balance of the Force.

    07/05/2012
  2. Lui et beaucoup d’autres ne t’inquiète pas. Leur heure viendra. Je connais peu Waldeck mais est-ce qu’il ne s’inscrit pas plus dans l’électro-swing? En tout cas les morceaux que je connais sont plus dans cette filiation mais ca me donne envie de creuser du coup

    07/05/2012
  3. Roberta #

    Ezechiel s’écrit Ez3kiel :x

    26/05/2012

Rétroliens & Pings

  1. A pour Archive | Ink

Poster un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 84 followers

%d bloggers like this: