Rap Francais : A l’ancienne Tonton !
Cette rentrée n’est pas franchement placée sous le signe de la détente et la bonne humeur. Et certainement pas sous le signe de la glande. Après avoir passé quelques jours en famille à bouffer des tripes à 2h du mat’, regarder un mouton entier tourner lentement sur sa broche et boire des vins du milieu des années 90, le tout au soleil, j’en viens à regretter ma dure condition d’expatrié. A peine le pied posé hors de l’aéroport, la réalité s’est vite faite aussi cinglante que ce putain de vent froid qui bat mon visage depuis lundi. Quelques modifications subtiles d’emploi du temps auront eu de mon (absence d’) organisation. Resultat je croule sous le travail comme un mineur chilien enterré vivant dans sa mine. Aussi, une fois n’est pas coutume, je vous propose un article qui a défaut d’être suffisament romancé, suffira à contenter votre appétit musical.
Aujourd’hui je vais vous proposer une petite sélection de rap français. Si comme beaucoup la simple mention de ce genre musical vous décourage, je commencerai mon argumentaire en précisant qu’il y quelques années de cela, mes morceaux choisis ont eu raison du blocage de notre chère Cendar nationale. Et l’intéressée vous le confirmera sans doute, c’était très loin d’être gagné d’avance. Le secret du rap français est très simple, il suffit d’écouter ce qui se dit. Le talent des MC fera le reste.
On attaque fort avec Shurik’N, l’un des trois MC d’IAM. Son album solo, Ou je vis, sorti en 1998, se place dans la lignée directe de l’Ecole du Micro d’Argent. Si vous n’avez jamais entendu l’Ecole du Micro d’Argent, merci de quitter la Tchétchénie. Il est communément admis que c’est simplement LE meilleur album du Rap Français jamais sorti. Et c’est même pas moi qui’l'dit. Le projet solo de Shurik’N est un petit bijou d’écriture comme il m’a rarement été donne d’écouter. Je vous laisse apprécier.
Parmi les artistes qui n’ont pas la notoriété qu’ils méritent, Bakar fait sans doute parti du haut du panier. Ses 2 morceaux, Classique 1 et 2, ne peuvent que faire sourire les connaisseurs. Il y reprend toutes les instrus mythiques du genre. Si le coté patchwork peut en gêner certains, je ne me lasse pas d’écouter ces deux morceaux en boucle tant ils sont le reflet de l’Age d’Or du rap français.
De son coté, Médine et ses potes du label DinRecords proposent un rap ultra conscient et engagé. Sa voix rocailleuse inimitable nous entraine sur les traces des grands leaders du Monde Libre, revient sur la traite des nègres, ou n’hésite pas à dénoncer les méthodes employées sur l’ile de Guantanamo. Plus qu’un rappeur, c’est une véritable poète historien.
Sniper, c’est toute une époque. Les 3 Lascars du Val d’Oise nous auront retourné les oreilles pendant quelques années avec leur 3 albums. Ca parle de tout et de rien, certain morceaux ne se prennent pas au sérieux tandis que d’autres sont bien plus graves. La force du groupe, c’est ces 3 flows très différents qui font qu l’on ne s’ennuie jamais.
Je terminerai avec Youssoupha, que l’on n’a de cesse d’encenser chez Ink. Il faut dire qu’en plus de nous avoir sorti un dernier album stratosphérique, le bonhomme nous en a déjà laché 2 au préalable. Très cultivé, il nous propose un rap conscient qui tire toute la scène francaise vers le haut. En même temps, le savoir chroniqueur pour le journal Le Monde ca pose un peu les bases.
Si avec ca je vous ai pas réconcilié avec le Rap à l’ancienne.
Bonus Stage : Parce que c’est toute une époque
YoNe




Du très beau boulot, continuez, ça fait vraiment plaisir!!
De belles découvertes: l’hommage au commandant Massoud est sublime!!
Parler du bon vieux hip hop à la française, en parlant de tâches telles que Youssoupha ou Rohff, et ne pas mentionner de réelles pointures de cette époque tel que MC Solaar ou encore Ideal J est un scandale sans nom !
Venir lâcher un tel commentaire après un article pareil, c’est ça, le scandale.
"Kritikool", hein? Quand on veut critiquer, et qu’on veut être constructif, on y met les formes. Merci.