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L’abécédaire du Hip-Hop

sqs

A mesure que les semaines s’égrènent, que les jours se font beaux, et que l’air se réchauffe, la vie sociale reprend tranquillement ses droits. Les jours s’allongent, les apéros aussi. Le premier barbecue de l’année est enfin consommé et à mon grand regret la saison des fondues et autres raclettes se meurt à petit feu. Aujourd’hui je dois vous l’avouer, je n’avais aucune intention de vous parler de hip-hop. J’ai changé 40 fois de sujet, jusqu’à ce que cette grosse pute de vie sociale vienne s’imposer avec ses gros sabots. En même temps, j’aurai pu m’organiser vous me direz… Ceci dit, malgré la maladresse avec laquelle je vous présente les évènements, loin de moi l’idée de cacher la misère, sauver les meubles ou quoi que ce soit. Si le temps vient parfois, à manquer les sujets de qualité, eux, sont nombreux.  Pour toi lecteur, je ne parlerais jamais que du meilleur, encore et toujours.

No such school as the old one. Tel est le leitmotiv qui régit la majeure partie de ma bibliothèque musicale. Je vous en ai déjà parlé plusieurs fois, mais il existe un schéma immuable dans les courants musicaux. Un nouveau courant, ou groupe se créé, et tout se passe bien jusqu’à l’entrée en scène des majors.  9 fois sur 10 la logique pécuniaire prend le pas sur la liberté musicale. La suite vous la connaissez. On se retrouve avec des choses comme Muse, Eminem, David Guetta et compagnie. Voilà, je radote comme une grand-mère. Cependant, l’arrivée d’internet commence à changer la donne et le peuple reprend gentiment le pouvoir. Le matériel de qualitay professionnelle, autrefois inabordable, se démocratise de plus en plus. En marge des canaux de diffusion classique, Mr Toutlemonde commence à se faire plaisir au fond de sa chambre. La musique produite par le peuple, pour le peuple, et surtout critiquée par le peuple. Les gens qui font de la merde se retrouvent soumis au châtiment de la plèbe et ne sortent jamais des bas-fonds de la toile. Si on avait procédé comme ceci depuis le début, on aurait évité les années 90, la Star Ac etc … Bref, je divague. Old habits die hard.

Donc c’est sans complexe qu’on continue la petite leçon d’histoire avec la fin de la lettre B.

Big Punisher

Big Pun, c’est un peu l’histoire classique du rappeur américain. Enfance difficile, quartier chauds … Forcément la rime représente un exutoire tout indiqué pour le bonhomme. Il rencontre Fat Joe au milieu des années 90. L’alchimie est immédiate au sein du duo le plus lourd du Rap US. Les beats sont dans la plus pure tradition du rap new yorkais des années 90. Un sample, un beat, une ligne de basse bien profonde et envoyez la sauce. La voix du bonhomme est extrêmement agréable à l’oreille et se pose sans aucune difficulté. Coté rime le talent est certain, les thèmes abordés sont cependant un peu classiques. Bon en même temps d’un côté c’est du hip hop, donc ça nous parle de la dureté de la vie de la rue (le bonhomme a beaucoup squatté d’immeubles abandonnés) où règne la loi du Talion. Big Pun est décédé d’une « simple » crise cardiaque en 2000 due à son surpoids. Atypique pour un rappeur américain

Black Sheep

Black Sheep fait partie de ses groupes inconnus qui méritent leur place au panthéon du Hip Hop. Il suffit d’écouter les 20 premières secondes de The Choice Is Yours pour s’en convaincre. Ce morceau est pour moi une pierre angulaire du mouvement. Il concilie parfaitement le breakbeat classique de la fin des années 80 (Run DMC <3) et l’ère du sampling qui l’a suivi. A tel point que la plupart des gens à qui je le fait écouter me disent le connaitre sans jamais savoir d’où vient ce sentiment. Bon encore une fois, désolé pour tous les amateurs de la West Coast, mais c’est sur la rive Atlantique que ça se passe. Si ce morceau à une aura mythique, le reste de la disco est un peu en deçà ce qui expliquera la faible notoriété du duo du Queens. A noter l’excellente collaboration avec AZ.

Boogie Down Production

BPD, c’est le premier groupe de KRS-One. Ceux pour qui ce nom fait sens savent que c’est un gage de qualitay. Si le premier album intitulé Criminal Minded (1987) peut sembler trop radical, voire indigeste (Un beat, une voix), il fut extrêmement important du point de vue historique. Pionniers de la fusion du reggae dancehall et du hip hop, les textes s’attardent sur la vie du South Bronx de la fin des années 80. Vous savez ce que cela signifie ? Juste que les mecs ont posés les bases de ce qui allait devenir le gangsta rap. Ce même South Bronx, c’est l’endroit d’où il est généralement admis que le Hip Hop est né. Alors quand la clique de Marley Marl, originaire du Queens, sort un morceau qui prétend que le hip hop est de chez eux, ça donnera naissances aux premiers clashes, et même à la première « guerre » du hip hop. Quelques mois après la sortie de leur premier album le DJ du groupe est assassiné. Sous la houlette de KRS-One, leur musique va évoluer vers un rap militant, conscient, dans la veine de ce que faisait Public Enemy. Et les mecs ont réussi à sampler AC/DC …

Brother Ali

Le personnage de Brother Ali est atypique pour de nombreuses raisons. Malvoyant, albinos, il eut une enfance très difficile, subissant les incessants quolibets de ses petits camarades. De parents blancs, celui-ci s’est vite senti rejeté par la communauté blanche, et trouva donc refuges parmi les afro américains. Le souci c’est que ce genre de choses est assez mal vue par certaine personne aux US, un pays ou rappelons le, le communautarisme reste très présent. Il lâchera une réponse toute simple sur son album Undisputed Truth : They ask me if I’m black or white, I’m neither/ race is a made up thing. Simple et efficace. Musicalement, que dire si ce n’est que ça fracasse. Ni plus ni moins. Chaque instru est plus cool que la précédente, les lyrics sont conscients, profonds et surtout bien écrits. Les influences sont aussi nombreuses que variées. Jazz, Blues, Country… Tout simplement un des tous meilleurs artistes encore en activité, dont je ne saurais que vous conseiller de vous procurer la disco au plus vite.

Les plus perspicaces d’entre vous, ou tout du moins ceux qui connaissent leur alphabet, noterons que je ne parle pas de Notorious BIG dans mon article. Dans la mesure où je considère qu’il est le meilleur MC ayant jamais existé, celui-ci aura son propre article – que dis-je ? – Sa propre Ode dans un texte ultérieur qui risquera de dégouliner de son amour inconsidéré.

YoNe

4 Commentaires Poster un commentaire
  1. Je vais casser un truc… mais si tout le monde a l’impression de connaitre ce morceau c’est parce qu’il est insérer entre les 2:03 et 2:17 de celui-ci… Me frappe pas!

    05/04/2012
  2. Et tu parles pas de Busta Rhymes? :( (
    Et Black Eyed Peas (l’album Behind the Front!! )

    05/04/2012
  3. YoNe #

    Je parlerai de Busta avec Leaders of the new school =)

    05/04/2012

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