Les victoires de la musique ou la tarte à la crème du Rap
L’article de Cinder sur Orelsandale m’a rappelé à quel point l’on se moquait de nous lors de cette cérémonie de remise de trophée de la musique capitaliste. Ne vous inquiétez pas je ne prévois n’y d’insérer la pensée marixste au coeur de l’événement ni de les rebaptiser victoire des prolétaires, mais plutôt d’y insérer un tout petit élément de dénomination qui pourtant en dit long dans les intentions.
Outre le trophée de révélation du public que le rapport de Caen Orelsan a remporté la semaine dernière, il a aussi pu brandir celui de l’album de musiques urbaines. Outre la décision très contestable de lui attribuer sur laquelle je ne reviendrai pas aujourd’hui, c’est surtout quant au titre de cette réponse qu’il convient de se poser des questions.
Je rejoins à ce niveau-là mon grand ami et frère de couleur Kery James : il y a de cela 3 ans, le MC de la Mafia K’1 Fry avait s’était insurgé contre le système de votes favorisant les grandes maisons de disque, mais surtout contre la dénomination de musiques urbaines. La critique est pertinente à deux niveaux et mérite d’être étendue.
Premièrement, que revêt vraiment le terme de musique urbaine ? En allant chercher sur wiktionnaire, site de réfèrence, urbain signifie relatif à la ville. Soit. Donc l’on en déduit que les musiciens qui ont tous été primés en dehors de cette catégorie vivent soit dans les banlieues riches, soit dans des zones extrêmement reculées. Ou alors, que la musique urbaine ne peut s’effectuer qu’à la ville, peut être a cause des matériaux spécifiques, qui sait ? Vous l’aurez compris, sous cette étiquette fourre-tout qui sert de prétexte à ranger dans une meme catégorie le rap, le (nouveau) rnb et un petit peu de soul par ci par là pour paraitre un minimum bobo dans une catégorie de loubards, on est surtout confronté à une notion stéréotypée.
Deuxièmemement, l’on est face à une notion complètement archaïque. Si l’on admet évidemment que le rap est un courant populaire et qu’il s’est principalement développé au sein des zones marginalisées, il n’en demeure pas moins qu’il reste un genre musical relativement fédérateur. L’émergence de groupes dynamiques comme 1995 ou Set et Match, le ton satyrique d’un Booba bling bling ont fait kiffer le rap aux petites tetes blondes des lycées emprunts du parisianisme jusqu’à la moelle. Le rap n’est plus un courant qui s’écoute ghetto blaser sur l’épaule entre noirs ou arabes, mais bel et bien un genre étendu, qui s’écoute aussi bien en bas des tours qu’au fond d’une grange au fin fond des Ardennes.
Et comme dirait Kery " Po, po, c’est le retour du rap français".





